Pour une véritable protection de l'enfance !
Sortir de l'impunité systémique L'actualité judiciaire récente, notamment concernant Patrick Bruel, souligne une fois de plus les failles béantes de notre système. Mais au-delà des cas médiatisés, c'est toute la structure de notre réponse pénale qui interroge.
Pourquoi, lorsqu'un enfant nomme les agressions qu'il a subies, la mise à l'écart immédiate du présumé agresseur n'est-elle pas la norme ? Déconstruire le mythe de l'impunité En tant que psycho-praticienne, je l'affirme : la parole de l'enfant est une donnée factuelle. Lorsque celle-ci est niée ou relativisée, nous ne protégeons pas la présomption d'innocence, nous institutionnalisons la vulnérabilité des victimes.
Dans les affaires impliquant des professionnels de l'enfance, qu'il s'agisse d'animateurs périscolaires ou d'autres figures d'autorité, la simple mesure administrative de « suspension » est une aberration systémique. Elle est le reflet d'une gestion qui privilégie la protection de l'institution sur celle de l'individu en développement. Face à des faits graves, l'incarcération préventive ne devrait pas être une option, mais un impératif de santé publique.
Le piège du système patriarcal Nous souffrons d'un biais cognitif et juridique héritier d'un système patriarcal encore profondément ancré. La présomption d'innocence est systématiquement brandie comme un bouclier médiatique, souvent au prix de la survie psychique des victimes. La présomption de vérité, nécessaire à une justice équitable, demeure le parent pauvre de notre droit, alors même que 70 % des plaintes pour agressions sexuelles sont classées sans suite.
Vers une justice systémique Créer de nouvelles lois n'est qu'un écran de fumée si nous refusons d'appliquer les textes existants, qui permettent déjà des peines allant jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. Le problème n'est pas le manque de lois, mais le manque de volonté politique et judiciaire à les appliquer.
L'impunité est le terreau de la récidive. En ne protégeant pas l'enfant aujourd'hui, nous autorisons le recrutement de nouvelles proies demain. Il est urgent de rééquilibrer les principes du droit pour placer la sécurité des victimes au centre de la balance, plutôt que de laisser le système protéger ceux qui, par leurs actes, ont rompu le pacte social et humain. #enfant #Justice
